Édouard Philippe devant le Parlement pour lancer “l’acte II” du quinquennat

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Edouard PhilippeLe Premier ministre doit prononcer mercredi après-midi sa deuxième déclaration de politique générale pour lancer ce que l’exécutif appelle “l’acte II” du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Édouard Philippe de retour aux affaires. Après plus de sept mois durant lesquels l’activité gouvernementale a tourné au ralenti en raison de la crise des Gilets jaunes, du grand débat national et des élections européennes, le Premier ministre prononce, mercredi 12 juin, à partir de 15 h 00 à l’Assemblée nationale, sa deuxième déclaration de politique générale.

Ce discours, qui sera suivi d’un vote de confiance, doit marquer le point de départ de “l’acte II” du quinquennat d’Emmanuel Macron, selon l’expression utilisée par l’exécutif. Si le retrait relatif annoncé de ce dernier doit permettre à Édouard Philippe d’être davantage aux avant-postes, le président français a toutefois donné mardi soir une feuille de route à son Premier ministre, avec un “triptyque” : “Pas de réduction de notre ambition économique, une accélération de notre ambition environnementale et de notre préoccupation sociale”, a-t-il déclaré, à l’occasion d’un déplacement en Suisse, dans un entretien avec la chaîne helvétique RTS.

“La France a traversé une crise très dure, nous sommes en train de passer d’un monde à l’autre. Une souffrance s’est exprimée, et aussi des excès, je ne les confonds pas. Mais face à cette souffrance je veux remettre de la proximité, de l’humanité”, a ajouté le chef de l’État.

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Mesures post-Gilets jaunes, réformes de l’assurance-chômage, réforme des retraites ou encore de la dépendance, projet de loi bioéthique, réforme des institutions ou encore de l’administration, nouveaux engagements écologiques : le discours d’Édouard Philippe doit détailler les principaux chantiers.

Les arbitrages de l’exécutif concernant la réforme des retraites, le projet de loi de bioéthique, qui inclut la PMA pour toutes ou le financement des baisses d’impôts annoncées par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse du 25 avril seront notamment suivis de près. Tout comme le calendrier politique qui tiendra compte de la prochaine échéance électorale, les municipales de mars 2020.

Après le bon score des écologistes aux européennes, Édouard Philippe est également attendu au tournant sur l’environnement. Eurodéputé macroniste nouvellement élu, l’écologiste Pascal Canfin a appelé à des annonces en matière de rénovation énergétique des logements.

Le vote des élus Les Républicains particulièrement scruté

En théorie, un discours de politique générale est un moment à risque pour le Premier ministre qui peut être renversé s’il n’obtient pas la confiance des députés. Mais compte tenu de la prééminence du groupe La République en marche, associé au MoDem (plus de 350 députés sur 577), Édouard Philippe a de quoi être serein.

Pour sa première déclaration de politique générale, le 4 juillet 2017, dans la foulée du raz-de-marée des marcheurs aux législatives, il avait reçu la confiance de l’Assemblée nationale en battant un record : 370 députés avaient voté pour, 67 contre et 129 s’étaient abstenus, soit la plus faible opposition sur un vote de politique générale depuis 1958.

Ce record ne devrait pas tomber mercredi après-midi. L’intérêt de l’exercice résidera plutôt dans la présentation des projets gouvernementaux, d’une part, mais aussi dans le vote de certains autres groupes, en particulier des élus Les Républicains.

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La droite est en plein doute après le pire score électoral de son histoire (8,5 %) obtenu lors des européennes du 26 mai et le départ de son président Laurent Wauquiez. Une large majorité de la petite centaine de députés LR – principal groupe d’opposition dont les trois quarts s’étaient abstenus en juillet 2017 – ainsi que l’ensemble de la gauche devraient voter contre, ont fait savoir les responsables de groupe.

Édouard Philippe fera également une déclaration de politique générale, jeudi matin, au Sénat. Fait rare – et même une première avec un Sénat contrôlé par l’opposition – elle sera aussi suivie d’un vote. Une simple marque de “respect” pour la chambre haute, jure Matignon, mais qui permettra de connaître plus précisément le rapport de force en vue de la réforme constitutionnelle, où le soutien d’une bonne part des sénateurs LR est indispensable.

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